Épidémie Covid19 – Le compostage de proximité doit continuer !

Article du Réseau Compost Citoyen (RCC) du 29 janvier 2021

Pendant le confinement du printemps 2020, et à l’occasion du déconfinement de mai, le Réseau Compost Citoyen a émis des préconisations pour soutenir le compostage de proximité en France. Cet hiver, avec le dernier reconfinement, et un printemps incertain, le RCC maintient sa position : le compostage de proximité doit continuer.
Composter est un acte d’intérêt général, et se déplacer sur son site de compostage se justifie au même titre que se déplacer en déchèterie ou à la borne de verre. Les collectivités qui ont pour mission la gestion de nos déchets s’appuient sur ces initiatives citoyennes et se doivent de les faciliter.

Quelles précautions prendre sur son site de compostage ?

Pour les composteurs individuels : continuez comme d’habitude ! Ceci comprend le lavage des mains après les manipulations.

Pour les sites de compostage partagé (pied d’immeuble, quartier, établissement) le RCC incite à les maintenir ouverts, tout en respectant bien sûr les gestes protecteurs, que vous fonctionniez en site ouvert ou fermé au public, avec ou sans permanence.
La chaîne de transmission du virus peut être brisée en pratiquant les bons gestes.

Rappel des gestes protecteurs :
✓réduire au maximum ses déplacements ;
✓maintenir des distances de plus d’un mètre si vous êtes plusieurs en évitant les rassemblements : éviter tout contact physique, porter un masque ;
✓pour les manipulations, porter des gants propres et désinfecter les manches des outils etc. après utilisation ;
✓se laver les mains soigneusement (même si vous avez porté des gants) après avoir manipulé les outils, les cadenas, les bioseaux, en faisant attention de ne pas porter les mains à la bouche, yeux, nez…
✓dans la mesure du possible, affichez les précautions d’usage à l’entrée du site, sur le composteur…

Pour la partie technique du site de compostage:
✓ s’il vous faut transvaser de la matière (bac d’apport plein…), faites-le individuellement, ou en petit nombre en vous protégeant (gants, masque) et en gardant des distances suffisantes ;
✓ pour l’évacuation du compost mûr, privilégiez la distribution du compost par une seule personne du groupe et chaque personne intéressée par le compost arrive avec ses contenants. Autant que possible, favorisez les relations avec des partenaires (type jardins partagés) qui pourront venir récupérer une grande partie du compost mûr. Pour rappel le compost doit être distribué uniquement aux contributeurs.

Et n’oubliez pas le “geste-barrière” anti-moucherons habituel : toujours, toujours recouvrir de matière carbonée les derniers apports de matière fraîche !

Ҫa bouge à Crest !

Deux nouveaux composteurs ont été installés à Crest durant cette année 2020, l’un aux Acacias (place des Moulins) et l’autre au parc du Bosquet.
A la suite d’une formation de référents de site organisée par la 3CPS (communauté de Communes du Crestois et pays de Saillans), les habitants volontaires prennent en main le compostage partagé dans différents quartiers de Crest. Un autre site est attendu près du Champ de Mars, ce qui fera 6 placettes pour Crest.

Sur le territoire de la 3CPS, Compost & Territoire a aussi installé d’autres sites de compostage en 2020 : à Piégros, à Aurel et à Saillans (un 2ème site est en attente dans cette commune).

Avec l’obligation du tri à la source des biodéchets au 1er janvier 2024, tous les européens devront avoir une solution pour ne plus jeter leurs biodéchets dans la poubelle. C’est-à-dire soit disposer d’un composteur (individuel ou partagé), soit bénéficier d’une collecte de biodéchets en porte à porte.

Continuons sur cette lancée en 2021, car ça déborde dans nos poubelles !

Belle Année à toutes et à tous !

Tous au compost / focus drômois

Quand un restaurant haut de gamme opte pour le compostage

Elégant Hôtel 4 étoiles, le Clos Syrah à Valence est aussi une adresse réputée pour se restaurer ou boire un verre dans un cadre cosy.

A l’automne 2019, la direction avait en tête d’améliorer la gestion de ses déchets, objectif conforté par la mise en place annoncée d’une Taxe Spéciale pour les entreprises à horizon 2020.

La rencontre avec Compost et Territoire a fait  suite à une réunion organisée en octobre à l’initiative de la Députée Célia de Lavergne en vue d’échanger avec les acteurs du territoire sur la loi Economie Circulaire en préparation à l’Assemblée Nationale. Y participait notamment une cliente du Clos Syrah qui nous a mis en relation avec Yves, le Directeur.

Le restaurant sert en moyenne 100 couverts par jour, avec une saison estivale particulièrement active, du fait des aménagements jardin, terrasse et lounge appréciés et de l’ambiance chaleureuse des lieux. La cuisine, raffinée, est concoctée sous la houlette du chef David, avec des produits de qualité soigneusement choisis : frais, de saison et locaux le plus possible. Ce qui génère inévitablement des quantités importantes de biodéchets issus des cuisines… En revanche, parce que c’est bon et joliment présenté, les clients ont tendance à finir leurs assiettes ( !), peu de restes de repas donc.

Après une phase de diagnostic en décembre 2019, le gisement de biodéchets a été estimé à 250 kg par semaine, soit 12,5 tonnes par an.

Une placette de compostage 3 bacs d’environ 1 mètres cube par bac a été installée dès la 2e quinzaine de janvier car l’équipe cuisine et la direction étaient très motivés et souhaitaient démarrer rapidement. La placette ne pouvant tout absorber, le choix a été fait d’y mettre les biodéchets de préparation incluant la pluche, la table de pâtisserie et les restes non consommés (y compris du buffet petit déjeuner) en excluant les découpes de poissons et de viandes. 1 mois après le démarrage du projet, Compost et Territoire installait un 4e bac, d’environ 1,5 mètre cube de capacité afin d’éviter la saturation et de poursuivre les rythmes d’apport. Lors des visites de suivi, nous remarquons que les apports en serviettes à usage unique en papier épais représentent un volume non négligeable… Nous veillons au risque de putréfaction ou de séchage rapide qu’elles peuvent occasionner sans les éliminer pour autant.

Les points forts du projet :

  • Une volonté marquée et fédératrice de la direction et du chef-cuisinier pour la réduction des déchets et biodéchets
  • Une solution rapide à mettre en œuvre et un équipement sobre et esthétique qui s’intègre bien au cadre
  • Une boucle vertueuse de réduction des déchets en parallèle : la commande de conteneurs auprès de la collectivité pour les plastiques. Le Clos Syrah triait déjà le verre et le carton.
  • Une équipe cuisine volontaire et qui joue le jeu, en témoigne les «éléments indésirables » de moins en moins nombreux au composteur (filets d’agrumes, bouchons, films ou poches en plastique fin), donc une vigilance croissante pour bien trier.
  • L’approvisionnement en broyat : d’abord livré par un élagueur local, une dizaine de mètres cubes sera ensuite obtenue en circuit-très-court avec la coupe d’une haie séparative sur le site liée à des travaux. Le jardinier du Clos Syrah est partie prenante du projet de compostage, le lien est établi entre gestion du composteur et gestion des espaces verts.

Les limites du projet :

  • Un gisement « gros producteur » identifié comme tel dès le début avec une capacité de compostage sur place, dans de bonnes conditions et avec une obligation de main d’œuvre supportable, correspondant à la moitié de biodéchets générés.
  • Une disponibilité contrainte du personnel de cuisine : les brassages et retournements sont confiés à Compost et Territoire, bien que le chef-cuisinier et le jardinier aient été formés.

La suite :

Après cette 1ère phase réussie de compostage sur place et d’amélioration globale de la gestion des déchets, la question se pose de la viabilité à moyen terme : une collecte séparée des biodéchets permettrait de traiter l’ensemble de ces biodéchets d’une part et épargnerait une manutention contraignante. Compost et Territoire et le Clos Syrah, après le confinement, feront le bilan en vue de trouver une solution pérenne pour garantir que les biodéchets ne retourneront plus aux ordures ménagères.